Cette revue est née d'une exaspération. Pendant quinze ans, j'ai vu mes étudiants en école d'art arriver avec un matériel mal choisi, sur la foi de conseils en ligne médiocres. Pendant ces mêmes quinze ans, j'ai vu la couverture francophone des tablettes graphiques se dégrader — sites de tech grand public qui testent en deux jours, sites d'affiliation qui classent dix tablettes par étoiles sans avoir tenu le matériel en main, vidéos YouTube qui vendent ce qu'elles reçoivent gratuitement. La couverture sérieuse, là où elle existait, restait en anglais, fragmentée sur YouTube et sur Reddit, inaccessible à la majorité des francophones.
J'ai voulu écrire la revue qui me manquait. Pour mes étudiants, pour les jeunes professionnels, pour les amateurs sérieux qui veulent un guide qu'ils puissent croire. Cette page rassemble les principes qui structurent ce projet. Elle est volontairement courte, et écrite par négation.
1. Cette revue n'est pas un site d'actualité
Elle ne couvre pas le calendrier des sorties produit. Elle ne réagit pas aux annonces. Elle n'a pas d'avis sur ce qui sera annoncé demain. Elle teste lentement — un minimum de trois semaines d'usage quotidien pour un test approfondi —, écrit en première personne, et publie quand c'est prêt, pas avant. Quatre numéros par an. Le rythme est délibéré : il correspond au temps que prend la formation d'un avis fondé sur la pratique, pas sur la fiche technique.
2. Cette revue n'est pas un site d'affiliation
Les liens vers les revendeurs (Amazon, manufacturers, boutiques spécialisées) sont des <a> tags HTML simples, en rel="sponsored nofollow", signalés en pied d'article. La part des revenus de la revue qui en provient est aujourd'hui inférieure à 8 %, et c'est une proportion que je tiens à ne pas voir augmenter — parce qu'au-delà d'un certain seuil, l'incitation économique commence à peser sur les décisions éditoriales, même contre la volonté de l'auteur. Aucun produit testé n'est jamais reçu sous condition de couverture positive. Aucune marque ne paie pour apparaître dans un test ou un guide.
La revue se réserve la possibilité d'afficher, à terme, des publicités contextuelles servies par une régie technique (Google AdSense ou équivalent). Si ce levier est activé, les bannières sont choisies par l'algorithme du régisseur en fonction du contenu de la page, jamais par l'auteur, et leur présence n'influence aucune décision éditoriale : aucun annonceur n'a le moyen de me contacter, de m'orienter, ou d'obtenir un meilleur traitement. Une telle activation servirait uniquement à couvrir l'achat des matériels testés sans dépendre d'une chaîne d'affiliation plus contraignante. Le cas échéant, un bandeau de consentement précèdera tout dépôt de cookie tiers, et un bloqueur publicitaire neutralisera l'affichage sans rien retirer au contenu.
3. Cette revue n'est pas un comparatif anonyme
Elle est écrite par une seule personne, qui a un nom, un visage, une biographie, une adresse e-mail. Voir À propos. La voix d'auteur est volontaire. C'est ce qui distingue, en 2026, l'écriture humaine d'une compilation par algorithme, et c'est ce que cette revue défend en priorité. Tous les tests, tous les guides, tous les essais sont écrits en première personne. Toutes les photographies sont prises par l'auteur. Aucune visualisation constructeur, aucun stock photo, aucun rendu publié par un service marketing.
4. Cette revue n'est pas une compilation
Elle ne « rassemble » pas l'avis de la presse internationale. Elle ne synthétise pas les tests d'autres médias. Chaque test est mené sur un produit que l'auteur a utilisé personnellement, pendant la durée minimale prescrite, dans son atelier ou son poste de travail réel. Quand un produit n'est pas accessible (modèle de niche, exemplaire de presse refusé), l'absence est assumée et l'article n'est pas publié — pas remplacé par une compilation de seconde main.
5. Cette revue n'a pas d'avis sur l'IA générative dans le métier
Ou plutôt : elle a un avis nuancé, traité dans des essais culturels (à venir au numéro VI ou VII), mais elle ne fait pas de l'IA générative un sujet de débat technique permanent. Le métier change, les outils évoluent, et la revue suit ces évolutions sans en faire une polémique. Une discussion sereine, plus longue, paraîtra quand le sujet sera mûr.
6. Cette revue n'est pas un point d'entrée vers les réseaux sociaux
L'auteur n'est sur aucun réseau social et n'a pas l'intention de l'être. Pas d'Instagram, pas de TikTok, pas de Twitter, pas de Mastodon, pas de Bluesky. Les conversations avec les lecteurs se font par e-mail, qui est plus lent, plus calme, et plus respectueux du temps de chacun. La revue propose un flux RSS pour qui veut suivre les nouvelles publications, et une lettre périodique trimestrielle envoyée par e-mail à qui s'inscrit volontairement. Pas d'algorithme entre nous.
7. Cette revue n'est pas une œuvre commerciale au sens strict
Elle existe parce que l'auteur trouve, dans son écriture, un complément à sa pratique d'illustrateur et d'enseignant. Elle ne cherche pas à devenir un grand site, à monétiser une audience massive, à attirer des financements. Elle restera, par dessein, modeste — quelques dizaines de pages éditoriales, quatre numéros par an, une révision annuelle des guides en janvier. C'est ce rythme lent qui la rend, je l'espère, durable.
8. Cette revue n'est pas indifférente aux retours
L'auteur lit toutes les lettres que les lecteurs lui envoient. Plusieurs paragraphes des essais culturels et plusieurs mises à jour des guides ont été corrigés grâce à des lecteurs qui ont signalé des erreurs, des nuances oubliées, des exemples manquants. Les corrections sont apportées dans la prochaine révision et signalées en bas de page quand elles sont substantielles. Aucune relecture préalable des articles par les marques ou par les invités, en revanche — la lecture éditoriale reste indépendante.
Et ce qu'elle est, en quelques phrases
Une revue francophone indépendante, écrite par une seule personne qui pratique le métier depuis seize ans. Quatre numéros par an. Tests longs, guides révisés annuellement, ateliers d'artistes en entretiens enregistrés, essais culturels sur l'histoire et la place de la tablette. Lecture lente, voix d'auteur, photographies originales, indépendance économique. Pas un grand site ; un objet patient, lu à son rythme, par qui en a besoin.